Retour régulier comme une horloge des Versaillais que le monde entier nous envie : Air. Avec un album qui ne changera pas votre avis sur eux, que vous soyez charmé ou ennuyé, puisque sans autre révolution que d'avoir été enregistré dans leur propre studio, avec une patte .../...

Retour régulier comme une horloge des Versaillais que le monde entier nous envie :
Air. Avec un album qui ne changera pas votre avis sur eux, que vous soyez charmé ou ennuyé, puisque sans autre révolution que d'avoir été enregistré dans leur propre studio, avec une patte reconnaissable entre mille. Il commence d'ailleurs en forme d'auto best-of :
Do the Joy rappelle l'époque flippée/rock de
10 000 Hz Legend,
Love évoquerait plutôt l'heureuse période
Universal Traveler de
Talkie Walkie, tandis que
So Light is her Footfall, vrai moment de grâce, fait quand même repenser instinctivement à une réminiscence de la B.O.F. de
The Virgin Suicides - avec le recul, leur plus bel album et le plus conceptuel.
Et de fait, la faiblesse de
Love 2 est bien celle-ci, l'absence d'une ambiance particulière et reconnaissable, atout précieux des précédents albums, qu'on pouvait choisir en fonction de nos humeurs et avec qui la relation était donc plus intime, à commencer par leur inaugural et brillantissime
Moon Safari (que rappelle fortement, encore,
Heaven's Light ici !). Ils ont sans doute voulu tout remettre, tout réenregistrer dans ce cocon rêvé et au son chaud, à l'opposé de l'installation éthérée de
Pocket Symphony, jardin japonais qui ne manquait pourtant pas de charme.
Cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas quelques moments intéressants, comme le bicéphale
Tropical Disease : début enlevé à la
John Barry, et bascule tragique et sensuelle à mi-morceau, voilà une jolie symphonie de poche ! Mais globalement, on s'ennuie quand même légèrement pendant la deuxième moitié du disque, où seule
Eat my Beat marque un peu l'oreille, le reste flirtant dangereusement avec de l'easy-listening... Par son aspect best-of marqué, ce disque peut donc éventuellement servir d'introduction au monde de
Air aux novices. Mais pour entendre quelque chose de nouveau, les fans que nous sommes vont peut-être attendre qu'ils produisent quelqu'un d'autre (comme le joli disque co-écrit avec Mlle
Charlotte G. il y a quelques années), tant tout ici sent quand même un peu le réchauffé. Ou alors attendre de les revoir sur
scène où ils musclent bien leur jeu, pour donner des shows assez courts, mais plutôt fascinants et hypnotiques.
(2009)